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Arenal : le volcan que l’on croyait éteint

Avant 1968 : le Cerro Arenal, une montagne que personne ne craignait

Aujourd’hui, le volcan Arenal est l’un des symboles les plus connus du Costa Rica. Sa silhouette presque parfaite domine la ville de La Fortuna, les forêts tropicales et les sources thermales qui attirent des visiteurs du monde entier.

Pourtant, avant le 29 juillet 1968, cette montagne était très différente dans l’imaginaire des habitants.

Elle ne s’appelait pas encore « volcan Arenal », mais simplement Cerro Arenal. Pendant des générations, elle fut considérée comme une montagne tranquille, couverte de forêt, dominant une région essentiellement agricole où les familles vivaient de l’élevage, du café, du cacao et des cultures vivrières.

À cette époque, il n’existait ni grands hôtels, ni infrastructures touristiques, ni excursions volcaniques. Les villages installés autour du Cerro Arenal vivaient au rythme de la nature, sans imaginer que cette montagne apparemment endormie cachait une formidable énergie.

Parmi ces communautés figuraient notamment Tabacón et Pueblo Nuevo, deux villages qui allaient disparaître brutalement quelques années plus tard.

Volcans Arenal - Costa Rica
Volcan Arenal – Costa Rica

Une montagne mystérieuse visitée par quelques aventuriers

Avant son réveil, le Cerro Arenal attirait déjà quelques voyageurs curieux, fascinés par cette montagne isolée dominant les plaines du nord du Costa Rica.

À cette époque, le sommet était encore accessible. Des habitants racontaient que quelques aventuriers étrangers avaient entrepris l’ascension de la montagne pour explorer ses zones sommitales où existaient quelques manifestations discrètes d’activité volcanique, notamment des fumerolles.

Selon un récit transmis localement, un couple de touristes étrangers aurait même atteint l’ancien cratère et y aurait passé une nuit, profitant de la chaleur dégagée par les fumerolles pour dormir au sommet quelques temps avant la terrible éruption.

Cette histoire, devenue une anecdote emblématique de la mémoire locale, illustre parfaitement la perception du Cerro Arenal avant 1968 : une montagne sauvage et mystérieuse, mais certainement pas considérée comme une menace.

Personne n’imaginait alors que cette même montagne allait devenir quelques années plus tard l’un des volcans les plus actifs du monde.

Volcans Arenal - Costa Rica
Volcan Arenal – Costa Rica

La Fortuna : le village qui eut « la chance » d’être épargné

Avant l’éruption, le village aujourd’hui appelé La Fortuna (« La Chance ») portait le nom de El Borío.

Contrairement à une idée souvent répandue, son nom « La Fortuna » n’a pas été créé uniquement après l’éruption pour rappeler son sauvetage miraculeux. Il faisait déjà référence à la fertilité exceptionnelle de ses terres agricoles.

Mais après 1968, le nom prit une dimension symbolique extraordinaire.

Alors que les villages situés à l’ouest du volcan furent détruits, La Fortuna fut épargnée grâce à sa position géographique, sur le versant opposé à la direction principale des explosions et des coulées pyroclastiques.

La petite communauté agricole devint alors le point de départ de la renaissance économique de toute la région.

Éruption de 1968 du volcans Arenal - Costa Rica
Éruption de 1968 du volcan Arenal – Costa Rica

29 juillet 1968 : la naissance d’un nouveau volcan

Le matin du 29 juillet 1968, vers 7 h 30, après plusieurs siècles de repos apparent, le Cerro Arenal entra brutalement en éruption.

Une grande fracture s’ouvrit sur son flanc occidental et créa trois nouveaux cratères explosifs alignés d’est en ouest : les cratères A, B et C. L’ancien sommet du volcan, qui existait avant l’éruption, correspondait au cratère D.

La première phase éruptive fut extrêmement violente :

  • explosions très explosives ;
  • projections de blocs volcaniques ;
  • nuées ardentes ;
  • coulées pyroclastiques ;
  • coulées de lave.

Le cratère A, situé le plus bas sur le flanc ouest, fut le plus destructeur. C’est principalement de cette bouche éruptive que partirent les explosions les plus violentes et les coulées pyroclastiques responsables de la destruction de Tabacón et Pueblo Nuevo.

Le cratère B, situé entre A et C, participa également à cette phase explosive, mais son rôle fut moins important dans la destruction initiale.

Le cratère C, situé beaucoup plus haut près du sommet, allait cependant devenir le cœur de la nouvelle histoire de l’Arenal.

Tabacón et Pueblo Nuevo : deux villages effacés par le volcan

En quelques minutes, le paysage changea pour toujours.

Les villages de Tabacón et Pueblo Nuevo furent frappés par les explosions et les coulées pyroclastiques.

Des familles entières perdirent leurs maisons, leurs terres et leurs moyens de subsistance. Plusieurs dizaines de personnes trouvèrent la mort lors des premières heures de l’éruption.

Le village de Tabacón était situé près de la rivière du même nom. Cette rivière, autrefois utilisée quotidiennement par les habitants, allait connaître une nouvelle destinée : ses eaux furent progressivement chauffées par l’activité géothermique du volcan, contribuant plus tard au développement des célèbres sources thermales de la région.

La catastrophe détruisit un monde ancien, mais elle allait aussi créer une nouvelle identité pour toute la région.

Le cratère C et la naissance d’un nouveau sommet

L’une des histoires les plus fascinantes de l’Arenal est qu’après 1968, le volcan a littéralement changé de forme.

L’ancien sommet du volcan correspondait au cratère D. Mais après l’ouverture des nouveaux cratères, l’activité migra progressivement vers le cratère C. À partir du milieu des années 1970, les émissions de lave se concentrèrent principalement dans cette zone.

Pendant plus de quarante ans, les coulées de lave issues du cratère C se sont accumulées autour de cette bouche éruptive, construisant progressivement un nouveau cône volcanique.

Ce nouveau cône finit par devenir le point culminant visible de l’Arenal moderne.

Ainsi, le sommet que les visiteurs admirent aujourd’hui n’est pas exactement celui que connaissaient les habitants avant 1968 : il s’agit d’un sommet construit par l’éruption elle-même, couche après couche, par l’accumulation de milliers de tonnes de lave.

Du volcan destructeur au symbole du Costa Rica

Pendant plus de quarante ans, de 1968 à 2010, l’Arenal resta en activité avec émissions de lave, explosions et projections incandescentes.

Il devint l’un des volcans les plus observés et les plus accessibles au monde.

Mais paradoxalement, le volcan qui avait détruit une région allait aussi permettre sa renaissance.

Autour de La Fortuna se développèrent :

  • l’écotourisme ;
  • les excursions volcaniques ;
  • les sources thermales ;
  • les activités d’aventure ;
  • l’observation de la faune tropicale.

En 2010, l’Arenal entra dans une phase de repos et cessa ses émissions de lave visibles. Pourtant, son pouvoir d’attraction ne diminua pas. Bien au contraire, le volcan continue aujourd’hui d’attirer des visiteurs du monde entier venus découvrir son histoire exceptionnelle, parcourir les anciennes coulées de lave, observer la forêt tropicale qui reconquiert peu à peu les terrains volcaniques et profiter des paysages uniques créés par plus de quarante années d’activité.

Même silencieux, l’Arenal reste un volcan vivant dans la mémoire collective et demeure l’un des sites naturels les plus emblématiques du Costa Rica.

🌋 Arenal : un volcan qui écrit encore son histoire

L’histoire de l’Arenal est celle d’une transformation permanente.

Une montagne que l’on croyait silencieuse.
Un volcan qui a détruit des villages.
Un nouveau sommet créé par la lave.
Une région qui a su renaître grâce à son propre volcan.

L’Arenal rappelle une chose essentielle : un volcan n’est jamais simplement une montagne. C’est un système vivant, capable de détruire, mais aussi de créer de nouveaux paysages, de nouvelles histoires et parfois même une nouvelle identité pour les peuples qui vivent à ses côtés.

Volcans Arenal - Costa Rica
Volcans Arenal et Cerro Chato – Costa Rica

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